Passerelle Combee II

À la suite de mes mésaventures avec la clé ZiGate, j’ai commandé une clé Combee II.

Etant sous Jeedom j’avais découvert la naissance d’un plugin officiel qui lui est dédié (6 € tout de même, mais en principe les plugins officiels sont mieux maintenus dans la durée que les plugins tiers, encore que parfois Jeedom décide arbitrairement de les abandonner aussi). A première vue j’ai failli suivre bêtement la recommandation du plugin qui consiste à installer la gateway deCONZ / Phoston sur le RPI Jeedom. Puis je me suis ravisé, sans avoir à ce moment-là totalement appréhendé l’affaire, je me suis dit qu’il ne fallait pas tout lier à Jeedom. En fait installer la passerelle à part la rend indépendante puisque de toutes façons le plugin Jeedom n’est qu’un client IP de cette passerelle qu’il interroge localement (127.0.0.1) si elle est installée sur la même machine et via son IP dans le cas contraire. D’une part ça permet de la placer au centre de la maison, et également de la contrôler directement avec d’autres applications en se passant de Jeedom (Alexa par exemple), sachant que Jeedom recevra de toutes façons les retours d’état. Et pour faciliter la chose, plusieurs images SD pour RPI sont proposées sur le site Phoscon (attention de base le client DHCP de ces images ne prend pas la GW, de toutes façons vaut mieux figer l’IP, donc éditer la configuration).

Voilà déjà une chose impossible avec l’approche ZiGate. Ensuite à mon sens il faut oublier l’approche tout Jeedom. Ce qui compte c’est que Jeedom connaisse l’état d’un équipement. En effet, prenons l’exemple d’un interrupteur Ikea qui va allumer une ampoule Philipps. On configure la chose depuis Phoscon de façon très simple, ça fonctionne sans Jeedom mais ça n’empêche pas Jeedom d’agir, par exemple dans le cadre d’un scénario plus évolué. L’idée est que ce qui pourra être géré dans Phoscon déchargera Jeedom. La passerelle Phoscon remplace simplement toutes les passerelles propriétaires (Ikea, Hue, etc..), et Jeedom (ou d’autres solutions domotique) viens s’y connecter en IP via une API.

Un autre avantage est que Phoscon se connecte directement et facilement (et gratuitement) avec Alexa / Google Home, ce qui n’est pas le cas de Jeedom qui nécessite un plugin et un abonnement obligatoire (12 € / an, même après avoir acheté un Service Pack Power Ultimate, moi qui pensait que ça incluait tous les plugins officiels). Et je ne parle même pas des connexions avec IFTTT, qui, si elles permettent pas mal d’interopérabilité, n’en sont pas moins compliquées à maintenir. Donc pour demander à Alexa d’allumer la lumière de la cuisine, autant limiter les intermédiaires, Alexa communiquera avec Phoscon / deCONZ plutôt qu’Alexa (en supposant qu’on ai ajouté Alexa à Jeedom) demande à Jeedom qui lui va demander à Phoscon / deCONZ d’allumer la cuisine…

Mobile

Phoscon ne dispose pas d’application mobile, mais la page est responsive et parfaitement utilisable sur un mobile ou une tablette. Cela étant c’est sans intérêt à l’usage si on lie Phoscon à Alexa ou Google Home car l’application mobile des assistant vocaux sera bien plus ergonomique. Je me disais d’ailleurs que lier Jeedom à Alexa présenterait au moins l’intérêt de disposer d’une interface mobile utilisable, en opposition à celle de Jeedom qui est une calamité. En attendant j’utilise Impérihome qui fonctionnait bien avec Jeedom, mais le plugin vient d’être retiré du Market Jeedom au profit d’une approche Impérihome sans plugin qui ne fonctionne pas. Je n’ai pas l’impression que Jeedom et Impérihome (ex ZiBase / ZiBlue & co.) soient très copains…

Intégration Jeedom

Pour revenir à Phoscon, tout ne semble pas géré dans la passerelle, si on peut créer des scènes et des associations, il y a d’autres équipements, les sondes de température par exemple ou d’ouverture de porte que l’on ne peut pas utiliser directement, mais généralement on n’en a besoin que dans Jeedom.

Le plugin remonte des valeurs propres à chaque équipement, on n’aura pas les classiques infos binaires ou numériques (on/off ouvert/fermé) mais un code numérique propre à chaque équipement. Par exemple une télécommande Ikea va envoyer 1002 si on appuie au centre, il n’y a plus ensuite qu’à traiter directement l’information (scénario, virtuel, etc…) pour créer une action dans Jeedom. En revanche les sondes (températures, humidité, pression) remontent bien les valeurs et sont exploitables directement.

Attention cependant aux capteurs, les Xiaomi, par exemple, ne supportent pas de perdre leurs parents, donc si vous changez de canal Zigbee ou si le maillage passe par une prise Zigbee que vous retirez, il vaudra mieux les réinclure (le maillage peut se voir sur l’application graphique deCONZ). De même il ne faut pas oublier qu'un objet Zigbee ne peut être inclut que une sur passerelle. Ainsi si vous incluez un objet avec Foscon alors qu'il est déjà inclut dans la passerelle Xiaomi, cet objet sortira du réseau géré par la passerelle Xiaomi afin de rejoindre celui géré par la passerelle Foscon.

Conclusion

Au départ j’hésitais à remplacer ma douzaine de sondes Oregon gérés par le RFPlayer (les sondes Oregon perdent leur identifiant lors de chaque changement de piles, il faut donc les appairer à nouveau, ça reste fastidieux (et pas très WAF) même si c'est prévu par le plugin. Et je passe sur toutes les déconvenues liées au RFPlayer que je ne recommande vraiment pas), par des sondes Xiaomi gérées par la ZiGate, mais comme la solution Combee II + plugin deCONZ fonctionne plutôt bien, je pense me tourner de ce côté rapidement. Je mettrait bien sur à jour cette page pour vous narrer mon expérience…

La Combee II + Phoscon sur un RPI (SD ready) peuvent servir de passerelle universelle Zigbee compatible avec les assistant vocaux et ainsi remplacer les passerelles des constructeurs (Ikea, Hue, etc...). Phoscon comme Jeedom avec le plugin DeCONZ s'appuient sur la couche deCONZ. 

Edits

  • 01/11/2019 : J'ai voulut déplacer la carte SD (Image Photon) de ma passerelle dans un RPI2 au lieu du 3 et ça ne démarre pas. Retour au RPI3, pas envie d'y passer la soirée...

Bonus

Certains me demandent pourquoi j’utilise des RPI alors que j’ai un gros serveur VMWare ESXi dans le garage, ce qui faciliterait la manipulation des VM et leur sauvegarde. Simplement parce que je considère que la domotique gère des fonctions vitales de la vie courante (chauffage par exemple) et qu’elle ne doit dépendre de rien d’autre. Imaginez, le serveur se plante, il faut réparer le serveur sans chauffage… De plus les clés utilisées pour les divers protocoles ne seraient pas idéalement placées au fond du garage

Sources

 

ZiGate mon amour...

La clé ZiGate permet d’utiliser le protocole Zigbee que l’on retrouve chez Ikea, Philips, Xiaomi et bien d’autres. Je l’utilise depuis ses débuts et ça fonctionne plutôt bien. 

Il y a une semaine, je me suis décidé de passer ma clé de 3.0d en 3.0f dans l’espoir de pouvoir inclure une prise et un inter IKEA. La chose devait être simple. 

Après la mise à jour de 3.0d en 3.0f et un redémarrage du plugin et mise à jour des dépendances, mes équipements sont toujours là mais aucune information ne remonte dans Jeedom, les interrupteurs sont inopérants et il est impossible d’associer quoi que ce soit. J’ai fini par mettre à jour la clé en 3.1a sans plus de succès. 

En désespoir de cause j’ai désinstallé le plugin Zigate pour le réinstaller. Là je peux inclure à nouveau mais plus aucune trace de mes 12 équipements. Donc je me refais les inclusions et les configuration (genre « temperature » à renommer en « Température », etc… cocher ce que je veux voir, changer les widget, bref, passionnant… et perte de temps). Certains capteurs qui fonctionnaient avant ne voulaient plus s’inclure. Résolu en changeant de pile (qui remontait pourtant bien les infos avant hier) et en rapprochant le capteur de la Zigate (On peut donc en déduire que pour associer un équipement vaut mieux que la pile soit en très bon état !). 

Et pour les équipements Ikea, c’est encore moins user friendly, le passage en groupe 0 ça va pour une prise mais pas vraiment exploitable pour plusieurs, ni à la portée de tout le monde. Inutile toutefois de débrancher la clé (comme recommandé sur le site Zigate), on peut passer par le mode terminal du plugin...

Commande : 0x0060
Les donnes à envoyer sont 02ABCD01010000 (ou ABCD est la short adresse de la prise IKEA)

Ensuite on peut associer l’inter livré avec la prise (facultatif) et on peut commander cette prise avec l’inter ou Jeedom, retour d’état compris. Si j’ai tout compris un inter commandera toutes les prises, alors que ces dernières sont adressables individuellement dans Jeedom. Pas réussit avec la télécommande qui semble dédiée aux ampoules suédoises. La solution Ikea / Zigate pour les prises est trop compliquée. Personnellement je recommande les prises Osram que l’on trouve régulièrement à 10 € sur Amazon si on veut absolument du Zigbee.

Cette mésaventure pose tout de même question. On sait tous que c’est du DIY et que ça comporte des risques inhérents à la pratique. Il n’en reste pas moins que les sondes de température relèvent du sensible dans une installation qui gère le chauffage. Donc manips à proscrire en plein hiver ! Il reste le cas de la panne à envisager. 

La clé ZiGate et ses plugins (ZiGate ou Abeille) sont en développement permanent et c’est normal pour du DIY. Dans mon aventure je ne sais pas ce qui a merdé (interaction entre la clé, sa mise à jour et/ou le plugin) ni comment j’aurais pu l’éviter. Que sauvegarder ? La clé contient des infos sur les équipements ? Que faut’ il sauvegarder ? Un petit topo sur les bonnes pratiques serait le bienvenu de la part des auteurs (qui sont certainement déjà bien surchargés…).

Énervé j’ai commandé dans la foulée une clé Combee II, je vais tester sans pour autant être persuadé que ce soit mieux, les deux solutions étant du RE (reverse engineering). A suivre ici...

EDIT 01/11/2019 : Suite à la dernière mise à jour du plugin ZiGate plus rien ne démarrait. J'ai donc retiré les équipement qui lui restaient associés et je les ai associés à la Combee II. Bref, ZiGate, c'est terminé, OFF et débranchée.

 

Objets connectés

Depuis longtemps il existait des prises commandées, les plus connues étant les DI-O. Elles se commandent grâce à une télécommande et sont généralement intégrables dans une solution domotique via le protocole Chacon, dont la fiabilité est parfois aléatoire, à l’aide d’un RFPlayer ou d’un RFX-COM. Il y avait également les équipements Z-Wave, mais leur prix a fait que ce protocole est un peu délaissé par l’industrie. Quant à Bluetooth sa portée limitée le restreint à des usages tout aussi limités.

A l’ère des objets connectés on voit apparaître une nouvelle génération de prises et autres objets connectés. Il se dégage deux tendances qui utilisent deux protocoles bien différents qui ont tous les deux leurs avantages et inconvénients, ZigBee et WI-FI.

Zigbee

Il s’agit d’un protocole maillé ou, pour faire simple, les objets connectés au secteur servent de relais. Par exemple une prise sera un relais sur lequel pourra s’appuyer un capteur de température et ainsi mailler une plus grande surface. Pour communiquer avec l’extérieur (applications mobiles par exemple), Zigbee nécessite une passerelle qui se connecte en Ethernet sur le réseau local. Il est intéressant de noter qu’une passerelle de marque X pourra supporter des objets de marque Y.

Coté domotique pour communiquer avec Zigbee il faudra une clé de type ZiGate et le plugin idoine. Il en existe deux sous Jeedom par exemple et c’est intéressant pour les capteurs de température ou d’ouverture.

C’est ce protocole qui est utilisé par les objets connectés des grandes marques, la plus connue est Philips avec son écosystème Hue, mais également Osram, Ikea et Xiaomi. On trouve également sur Amazon ou eBay plusieurs chinoiseries à un tarif attractif mais avec les risques que cela suppose.

WI-FI

L’avantage du WI-FI c’est qu’il est présent partout. Ainsi les objets connectés WI-FI ne nécessitent pas de passerelle particulière pour peu que l’on dispose d’une couverture WI-FI stable. Amazon regorge de de prises, ampoules et autres objets connectés en WI-FI. Un écosystème se dégage autour de Tuya qui permet aux fabricants de proposer des objets OEM sous leur marque tout en utilisant le cloud de Tuya. On se retrouve donc face à des objets qui dépendent d’un cloud, et qui plus est d’un cloud chinois qui pourra en effrayer certains. Ils se pilotent garce à une application mobile fournie par le fabricant qui est généralement une version adaptée de l’application Tuya, donc autant prendre l’originale qui sera à jour et permettra de piloter tous les objets de l’écosystème.

Coté intégration domotique plusieurs options se présentent et des développements sont en cours.

  • L’API Tuya qui permet un usage parallèle mais dépendante du cloud Tuya.
  • IFTTT qui fonctionne sur quasiment toute les solutions avec la double dépendance IFTTT + Tuya et une certaine lenteur.
  • Enfin, certains développeurs travaillent sur des solutions autonomes basées sur du reverse engineering non dépendantes.

Il existe d’autres écosystèmes plus ou moins répandus sous nos contrées et généralement chinois. Le plus connu est Sonoff que l’on trouve sur Amazon et qui propose des produits intéressants et généralement hackables pour un pilotage autonome depuis une solution domotique. Contrairement aux autres les produits Sonoff gèrent généralement l’état (on, off ou état antérieur) après une coupure électrique ce qui est un vrai plus.

Certains objets, les prises Konyks Priska (avec un vrai label CE) par exemple, permettent également de remonter des statistiques sur la consommation. Ainsi quand on s’aperçoit que l’ensemble HI-FI / Home Cinéma consomme 35 watts en veille, la décision de connecter l’ensemble à une multiprise WI-FI est rapidement prise ! Mais une autre attention se portera également à la consommation propre à ces objets WI-FI. Si certains sont raisonnables, ce n’est pas toujours le cas pour certaines chinoiseries et cette information est généralement absente des descriptions.

Plusieurs options de scénarios

En Zigbee comme en WI-FI les applications mobiles sont à même de créer des scénarios simples (exemple j’allume la tv et l’ampli et j’éteins les lampes pour voir un film) et une automatisation des objets (genre allumage répétitif tous les jours à telle heure ou compte à rebours ou l’objet va s’éteindre au bout de x minutes).

Difficile de parler d’objets connectés sans Alexa ou Google Home. La seconde option consistera donc à utiliser son enceinte intelligente préférée, qui servira enfin à quelque chose, pour gérer des petits scénarios. On peut ainsi facilement dire « je vais regarder un film », ce qui activera le home-cinéma et éteindra certaines lampes, puis à la fin du film dire « je vais me coucher » afin d’éteindre le home-cinéma, les lampes de la zone vie, baisser le chauffage et allumer la chambre… Ce n’est pas de la science-fiction, c’est amusant et très facile à mettre en place.

Enfin pour des scénarios plus évolués, mais aussi pour agir sur l’ensemble des équipements (chauffage, sécurité) on pourra toujours se tourner vers une centrale domotique avec des possibilités infinies. Mais là c’est vraiment plus complexe à mettre en œuvre et ça rentrera dans un projet plus qu’un achat impulsif.

Il y a fort à parier que la domotique grand public évoluera avec les objets connectés associés aux écosystèmes des constructeurs et des enceintes connectés. Pour être utilisable et commercialisable à grande échelle la domotique doit être WAF (en 2018 on ne dit plus WAF mais HAF, comme "human acceptance factor"), donc simple. On exclut donc une usine domotique pour piloter deux prises et quatre ampoules. Donc même si on dispose d’une solution domotique, on peut très bien imaginer que certains objets gravitent autour sans pour autant êtres interdépendants.

Maintenant ou demain ?

Pour gérer quelques ampoules et prises en Zigbee ou en WI-FI c’est maintenant si on en a besoin. L’investissement est limité et les produits des grandes marques s’adapteront généralement aux évolutions à moyen court terme.

Pour se lancer dans un projet domotique global je serais plus mesuré. Cela fait 20 ans que l’on parle de domotique sans qu’il se dégage une vraie direction industrielle.

Personnellement j’utilise depuis 10 ans une ZiBase que je vais faire évoluer sous Jeedom pour la simple raison que je ne trouve sur le marché aucun système de thermostat connecté capable de gérer 6 zones de chauffage électrique. Pourquoi ? Parce que le chauffage électrique est une exception française imposée par l’énergie nucléaire et le mirage de l’électricité à bas coût. Le résultat est que l’industrie mondiale ne s’y intéresse pas et que les rares solutions se basent sur la gestion du fil pilote dont les maisons des années 70/80 ne sont pas équipées. Sans ça pas sûr que je persiste dans Jeedom !

Ou acheter ?

Depuis son fauteuil sur Amazon bien sûr, et en surveillant les promos qui sont courantes sur ces produits. La grande distribution spécialisée (FNAC, Castorama, Leroy Merlin ou Boulanger pour ne citer qu’eux, privilégie généralement Zigbee plus simple à vendre sous blister. On trouve également ces produits chez les boutiquiers de la domotique, mais eux ajoutent des frais de ports que l’on évitera chez Amazon Prime. Pour les produits « no name » Amazon permet un retour sans condition pour les produits expédiés par leurs soins. Une bonne solution pour tester la compatibilité et la consommation.

Voilà le résultat de mes cogitations et recherches. C'est par essence incomplet, je reste donc ouvert aux sujétions et nouvelles infos et idées.